← ActualitĂ©s

🐝 L'indice fonctionnel de biodiversitĂ© et comment il est construit

Un ancrage dans les limites planétaires

En 2009, une Ă©quipe internationale du Stockholm Resilience Centre a dĂ©fini neuf indicateurs pour mesurer l’impact de l’activitĂ© humaine sur les grands Ă©quilibres de la planĂšte. Parmi ces neuf limites planĂ©taires, la destruction de la biodiversitĂ© est l’une des plus critiques — et l’une des plus difficiles Ă  traduire Ă  l’échelle locale.

Les neuf limites sont :

  1. le changement climatique,
  2. la destruction de la biodiversité,
  3. l’utilisation massive d’engrais (azote et phosphore),
  4. le changement d’usage des sols (dĂ©forestation),
  5. le cycle de l’eau douce,
  6. le rejet de nouvelles substances dans la nature,
  7. l’acidification des ocĂ©ans,
  8. l’appauvrissement de la couche d’ozone,
  9. et l’augmentation des particules dans l’atmosphùre.

Les limites planétaires

📌 Le problĂšme de l’échelle : Ces limites sont dĂ©finies Ă  l’échelle de la planĂšte. Elles disent ce que la Terre peut absorber dans son ensemble. Elles ne disent pas ce qu’un territoire de 500 kmÂČ comme la MĂ©tropole de Lyon doit prĂ©server pour maintenir ses propres fonctions Ă©cologiques. C’est prĂ©cisĂ©ment ce que l’indice fonctionnel de biodiversitĂ© cherche Ă  rĂ©soudre.


Ce que l’indice mesure : et pourquoi ces fonctions ?

Une Ă©quipe de chercheurs de l’École des Mines de Saint-Étienne (UMR 5600 : Environnement Villes et SociĂ©tĂ©s) a travaillĂ© avec le service Climat et RĂ©silience de la MĂ©tropole de Lyon pour proposer un indicateur fonctionnel local de la biodiversitĂ©.

L’enjeu n’est pas de mesurer la biodiversitĂ© en tant que telle, le nombre d’espĂšces prĂ©sentes, la richesse spĂ©cifique, mais de mesurer si le territoire dispose d’assez d’espaces naturels pour que la biodiversitĂ© puisse remplir ses fonctions concrĂštes pour les habitants et les Ă©cosystĂšmes :

  • Pollinisation
  • Impact positif sur la santĂ© des habitants
  • RĂ©gulation des maladies et ravageurs
  • Maintien de la qualitĂ© de l’eau douce
  • PrĂ©servation des sols contre l’érosion

📌 Une base scientifique solide : l’indicateur s’appuie sur une Ă©tude publiĂ©e dans One Earth (Mohamed et al., 2024), elle-mĂȘme issue d’une revue systĂ©matique de plus de 4 000 publications en Ă©cologie et en santĂ©. Le rĂ©sultat est une cible claire : un minimum de 20 Ă  25 % d’espaces (semi)-naturels dans le kmÂČ environnant est nĂ©cessaire en tout point d’un territoire pour maintenir ces fonctions Ă©cologiques.

L’impact positif de la biodiversitĂ©


Comment l’indicateur est calculĂ© ?

Étape 1 : Trouver les bonnes donnĂ©es de couverture des sols

Pour savoir si un sol est naturel ou dominĂ© par l’activitĂ© humaine, il faut une source de donnĂ©es Ă  la fois prĂ©cise et suffisamment fine pour dĂ©tecter une haie, un alignement d’arbres ou un jardin de quelques mĂštres carrĂ©s.

Émile Balembois, doctorant au laboratoire EVS des Mines de Saint-Étienne, a identifiĂ© deux critĂšres non nĂ©gociables pour le choix des donnĂ©es :

  • Une rĂ©solution de l’ordre du mĂštre, suffisante pour repĂ©rer des Ă©lĂ©ments vĂ©gĂ©taux isolĂ©s (arbres individuels, haies, bandes enherbĂ©es).
  • La capacitĂ© Ă  distinguer les espaces semi-naturels (une plantation d’arbres, un parc amĂ©nagĂ©) des espaces entiĂšrement naturels (une forĂȘt, une ripisylve, une zone humide).

Ce sont finalement deux sources produites par l’IGN qui ont Ă©tĂ© retenues :

| Source | Ce qu’elle dĂ©crit |

| COSIA | Couverture et usage des sols à haute résolution |

| CarHab | Cartographie des habitats naturels et semi-naturels |


Étape 2 : Classer chaque mĂštre carrĂ© en binaire

A partir de ces deux sources de données le territoire de la métropole de Lyon a été classée en

0 = dominĂ© par l’Homme et 1 = naturel avec une carroyage de 4mx4m.

Les catĂ©gories d’occupation des sols